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6

      – Des firewa... quoi ?

          Nicolas n’eut pas le loisir de finir sa phrase que Silver happa brusquement son bras, l’entraînant à sa suite. Il ouvrit la porte dans un fracas qui fit sursauter un patient aux yeux hagards, et ses yeux vaguèrent de droite à gauche, décidèrent du chemin à emprunter, avant qu’il ne se relance dans sa démarche effrénée. Voyant que Nick traînait, il se retourna, furibond, grommela quelques mots, froids et dénués de la gentillesse de Thaïs, à son attention :

   – Des fireworldiens, ce sont des fireworldiens. Grouille-toi un peu, tu veux ? Je doute que tu veuilles passer du temps en leur compagnie.

          Ses sourcils se rapprochèrent dangereusement sous l’emprise vicieuse du doute. Nicolas songea un instant à freiner encore Silver pour lui soutirer plus d’informations. Néanmoins, le vampire ne lui en laissa pas l’occasion : usant de sa force surhumaine, il l’entraîna avec lui dans une course où Nick ne put distinguer quoique ce soit grâce à la vitesse phénoménale qu’ils allaient. Le vent lui giflait le visage, il sentait l’air pénétrer ses pores, les refroidir ; dès qu’il avait le malheur de ne serait-ce qu’essayé de regarder sur le côté, la tête lui tournait, l’estomac grondait et les yeux s’embrouillaient. Pendant ce qui ne dura qu’une minute, il eut l’impression que les millisecondes avaient interchangé leur place avec les heures dans le but de lui nuire encore un peu plus. Au point où il en était, cela ne l’aurait même pas fait sourciller.

          Silver n’arrêta son sillage qu’une fois qu’ils furent sortis de l’hôpital. Ils se retrouvaient désormais dans une ruelle ombragée aux rebords emplis de plusieurs couches de grasses que l’on n’avait pas songé à déloger. De l’eau s’écoutait lentement des toits, résonnant dans des plocs réguliers qui formaient, malgré leur origine douteuse, une sorte de mélodie. L’odeur des poubelles persistait, enrobait les narines de Nicolas et, lorsque qu’il essaya d’aligner quelques pensées, elle fut suffisamment forte pour l’en empêcher. Nick sentait son cœur se déchaîner, tambourinant comme s’il voulait se faire entendre de tous, et il semblait essoufflé — comme si c’était lui qui venait de courir alors qu’il n’avait été que porté par Silver.

          Il ouvrit la bouche, voulant proférer la question qui taraudait sournoisement ses lèvres, mais, sans qu’il n’en ait l’occasion, le vampire se retourna vers lui et lui ordonna de garder le silence. Au moment où les futures protestations de Nick s’apprêtaient à trouver un chemin le long de sa bouche, Silver le tira vers le sol et, accroupis, ils contemplèrent trois individus, enrobés de l’aura sombre des vampires, passer devant eux, se faufilant habilement vers l’entrée de l’hôpital. Des fireworldiens, pensa Nicolas. C’était à peu près la seule chose qu’il était en mesure de déterminer clairement.

          Silver lui fit garder son mutisme le temps d’être certain qu’ils étaient hors de portée. Il lui imposa ensuite de le suivre, l’entraînant toujours et encore plus loin de l’hôpital, fuyant ces trois vampires à l’allure ombragée.

          Thaïs prit la rue qui menait à l’hôpital. Elle avait harponné la remontée quelque instant plus tôt, puis avait croisé la boutique d’un fleuriste : et elle n’avait pas résisté à la tentation de prendre un bouquet pour Nicolas. Après tout, c’est ce que les humains aiment, non ? En un haussement d’épaules, elle était rentrée et, attrapée par la senteur nauséabonde des fleurs diverses, elle s’était emparée du premier ensemble qui avait captivé sa vue.

          C’est ainsi qu’elle s’était retrouvée à se dépêcher, bousculant les passants qui encombraient son chemin, remontant rapidement l’allée vers l’hôpital, un bouquet mélangeant des jonquilles, du lilas et d’autres fleurs dont les noms lui étaient inconnus à la main. Elle voyait déjà le visage que Silver aborderait : douteux, méfiant, peut-être même un peu jaloux — et c’était cette image qui lui avait presque fait regretter son arrêt. Mais elle s’était rassurée ; ce n’était qu’une mince attention à l’égard de Maëlan. Et puis, il fallait le trainer avec soin. Celui qui pourrait engendrer la fin — leur fin — se trouvait pour l’instant dans le fil de leurs envies. Et il valait mieux que le tout reste ainsi pour longtemps encore.

          À la seconde même où Thaïs franchit les portes à doubles battants de l’hôpital, elle sentit que quelque chose s’était tramé à son insu. Premièrement, l’aura de Silver, cette sorte de traînée que chaque vampire laissait derrière lui, commençait à se dissiper alors qu’il se déplaçait ailleurs. Deuxièmement, elle ne ressentait plus la présence de Maëlan lorsqu’elle était si forte que Thaïs avait même de la difficulté à en sentir d’autres.

          Et la troisième raison était probablement celle qui l’affectait le plus : si on tassait tous les humains du bâtiment, si on coupait leurs odeurs, il y en avait trois autres qui resteraient dans l’air, et elles appartenaient respectivement aux chasseurs de Fireworld. Enzo, Raphaël, Yanis. Les trois meilleurs traqueurs qui ont jamais ne serait-ce que frôlé Fireworld. Leurs noms résonnaient, titillaient dans son esprit comme une évidence. Ils étaient à sa recherche. À celle de Silver, peut-être même de Maëlan. Mais il était encore trop tôt pour oser affirmer qu’ils avaient découvert ce qui devait rester caché.

          Et alors Thaïs se volatilisa à la poursuite de Silver et de Nicolas, suivant du mieux qu’elle le pouvait les traces du vampire qui s’évaporait au fur et à mesure que les secondes s’écoulaient.

          À droite, à gauche, à droite et encore à droite ; c’était tout ce qu’avait retenu Nick du parcours sinueux où l’emmenait le vampire au manteau noir fuselé. Il ne s’était rappelé que des directions et il savait que c’était bien trop peu s’il voulait pouvoir revenir dans ses pas. Devant lui, Silver menait toujours et encore leur cheminement, se retournant parfois pour s’assurer qu’il le suivait. Le vampire finit par s’arrêter face à l’enseigne néon d’un petit café sombre. Il rentra, invita Nicolas à en faire de même, et alla s’assoit sur une des banquettes à l’arrière. Sous les lumières basses, la noirceur posait doucement sa marque et étendait leurs traits d’ombres — et Nick crut comprendre que ce manque de luminosité était une des raisons de leur arrêt dans le café.

          De vieux posters, une peinture jaunâtre qui commençait à s’effriter sous le poids des années et une musique de fond qui crachotait un poste de radio : c’était un basique résumé d’où ils se trouvaient. Une serveuse se démena jusqu’à eux pour leur présenter des menus qu’elle laissait sur la table. Les yeux Nicolas le parcoururent furtivement, imitant ceux de Silver qui entamaient la même chose. Nick se racla la gorge, observa les quelques clients qui rôdaient dans l’endroit et, quand il détint l’intérêt de Silver, débita une série de questions bafouillées :

   – C’était qui, ces fireworldiens ? Qu’est-ce qu’ils nous voulaient ? Pourquoi ils nous poursuivaient ? Pourquoi avoir fui ?

   – Ils étaient des chasseurs : des traqueurs, si tu préfères. Probablement envoyés par Tiger, le chef de Fireworld. Il a dû remarquer notre absence, à moi et à Thaïs, et comme il sait qu’aucun de nous n’apprécie passer du temps sur Mainworld, il a envoyé une patrouille.

          Nicolas n’en sembla que perdu davantage. Les sourcils rapprochés, un pli sur son front, il paraissait perdu dans les méandres de ses songes.

   – Pourquoi me porter une si grande attention ? Je n’ai rien de spécial en vra-

   – Ils ne sont pas au courant de ton existence. Tu n’es encore qu’une légende pour eux et mieux vaudrait que cela reste ainsi.

   – Et pourquoi donc ?

   – Pourquoi ? interrogea Silver, un sourire moqueur s’entichant à étirer ses lèvres. Parce que tu es la plus grande menace que notre peuple ait connue. Parce que si notre monde découvre ton existence, si Fireworld l’apprend, la solution la plus apparente sera forcément de te tuer. Faire taire la menace avant même qu’elle n’apparaisse — n’est-ce pas la décision la plus sage ?

          Imperceptiblement, Nicolas s’était tendu encore et encore contre le dossier de la banquette. Déglutissant, il fixa Silver avec méfiance alors que ce dernier se délectait de la lueur de peur qui parcourait ses iris. Il n’était pas Thaïs - pas d’une aussi bonne volonté. Il représentait le côté plus lugubre, plus obscur des vampires. Il savourait l’horreur qui suintait des traits de Nicolas, celle qui s’insinuait doucement dans ses pores, qui ne le lâcherait pas. Mais il mit un terme à son supplice.

          – Ne t’en fais pas — nous ne voulons pas plus que toi que cela arrive. C’est pourquoi nous devons nous faire discrets. Tu comprends ?

          Nick hocha la tête. Comprenant qu’il n’obtiendrait pas plus du jeune homme, Silver se concentra sur le menu et se commanda un croissant alors que Nicolas opta pour un café. Ils mangèrent et burent leur commande respective, et le vampire, absorbé dans la mastication de son croissant, ne remarqua pas que son « protégé » se renfrognait toujours un peu plus — qu’il se laissait aller dans l’impression que ni Thaïs ni lui ne lui voulait réellement du bien. Garder sa présence secrète, le dissimuler comme un trésor que l’on ne voulait partager n’avait rien pour le mettre en confiance.

          Et c’est précisément pourquoi, quand Silver lui annonça qu’il allait régler l’addition au comptoir où grouillaient des clients venus payer, Nicolas lui dit qu’il allait aux toilettes. Il marcha jusqu’à la porte marquée du signe masculin, la poussa, vérifia les alentours : personne. Son regard s’accrocha sur la lucarne au-dessus du lavabo. Débarrée, elle paraissait lui hurler de l’ouvrir. Il détenait au moins une dizaine de minutes devant lui avant que le vampire ne s’aperçoive de son absence — et, en dix minutes, il avait le temps de s’évaporer. Il s’approcha de la fenêtre, monta sur le comptoir du lavabo.

          Des pensées s’emmêlaient, se pourchassaient, s’embrouillaient dans sa tête ; elles bouillonnaient pour laisser cependant la place à un songe censé qu’il savait devoir suivre : Il faut que je sorte d’ici.

          Et puis, il se hissa à la fenêtre, l’ouvrit, en sorti : et il disparut en courant, accélérant toujours un peu plus le pas, se pressant entre les gens qui grouillaient dans les rues, le cœur tapant, résonnant, comme pour lui dire qu’il regretterait. En d’autres mots, il s’enfuit.

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