Chapitre 1 : Eliane, princesse du feu
Le soir poignait, tandis que, dans ses appartements, la princesse héritière, absorbée depuis plusieurs heures maintenant, dévorait un livre et se perdait dans son univers. L'air chaud se baladant dans la pièce embrassait délicatement sa peau et devant les pages raffinées de son bouquin, elle volait dans un autre monde. Le temps passait mais il ne lui semblait pas, et quand l'héritière s'extirpa de sa lecture, ses magnifiques prunelles dorées se dirigèrent vers son autre antre d'évasion...
Ses jambes se promenèrent alors hors du lit puis en rien de temps, la princesse fit le parcours peu distant et tira délicatement sur les pans des rideaux de la fenêtre qui voilaient le paysage s'offrant à sa vue tel une somptueuse ville animée...
Aussitôt la fenêtre découverte, que de légères brises rafraîchies par la nuit tombante s'engouffrèrent par ses conduits olfactifs et peignèrent un sourire délicat sur ses lèvres parfaites, dont elles furent les seuls témoins.
D'autres se perdirent dans ses cheveux, relevant ses mèches indomptées qu'elle avait décidée de relâcher. Son regard doré, se mit alors à admirer la capitale du feu.
Cette dernière était si captivante que la princesse ne s'en lassait pas. Les soirs en particuliers, la ville était magnifique avec toutes les nombreuses lumières qui la fleurissaient et la chaleur de vivre qu'il en émanait.
Elfes comme élémentaires se baladaient dans les rues dans la plus grande insouciance. Autrement dit, le pays du feu était un peu comme mixité, les élémentaires du feu ayant le même attachement à la nature et les choses sacrées avaient pu bâtir des liens d'amitiés et de respects profonds avec les elfes qui étaient sur cette terre depuis l'aube de la création.
Depuis la « rupture », les deux peuples avaient consolidés leurs liens durant les années, qui s'égrenaient plus vites que les gros blocs de granites naturellement affaiblis. Pendant que la princesse s'était égarée dans sa contemplation, trois petits coups timides firent parler sa porte.
Suite à l'entente de ses derniers, l'héritière se retourna et demanda à la personne de ne pas se faire prier. Et c'est ainsi que vint sa servante personnelle, avec l'éternelle robe de couleur orangée qui était attribuée aux servantes, et baissant les yeux pour s'incliner respectueusement devant sa future reine.
- La reine, me charge de vous convier au dîner qui est déjà à point !, articula prestement la servante.
La princesse roula des yeux, Alice maintenait cette forte attitude de respect qui l'insupportait tant mais qu'elle ne pouvait lui interdire. Elle lui demanda alors simplement d'une voix monocorde :
- Très bien, merci Alice. Qu'a tu fais de plaisant aujourd'hui ?
- Sauf votre respect votre altesse, ma journée n'a guère été intéressante, elle ressemble encore à l'une de celle que je vous ai déjà tant racontées... Du nettoyage, quelques fois je suis envoyée pour aider en cuisine et j'ai aussi l'immense honneur de passer vous voir...
Si seulement me voir était véritablement un honneur..., pensa la princesse qui se tourna vers sa fenêtre et ses yeux, se perdirent aussi vite que ses pensées dans lesquelles elle plongeait inconsciemment. L'honneur...
L'honneur était une des expressions clés caractérisant sa famille, enfin, la nouvelle famille royale désormais incomplète...
Indubitablement, son frère aîné était décédé, le prince héritier Christian emportant avec lui tout ce qui avait pu être bonheur et union dans cette famille.
La tristesse immense et indigérée flamboyait dans les yeux de la nouvelle héritière et comme à son habitude, la monstrueuse main gelée de la solitude lui compressa la poitrine. Elle avait toujours autant de mal à oublier, à l'oublier lui, car avant tout, c'était son seul et meilleur ami dans cette vie de royaux où tout n'était qu'hypocrisie.
Cela allait bientôt faire deux ans qu'une maladie aussi impitoyable que cruelle avait terrassée le futur grand roi. Et depuis ce tragique évènement, la princesse désormais héritière, dans son désarrois était devenu plus froide avec une potentielle acidité. Elle n'était décidément plus la même car la couronne lui était retombée sur la tête et elle avait pris la place de son frère aîné en tant que nouvelle héritière. Princesse héritière du royaume du feu...
Elle ne voulait pas de la couronne, non, elle, elle voulait être plus libre que son frère dans ces agissements mais le sort de ce pays s'acharnait sur elle. L'héritière ne parlait plus à personne depuis ce tragique évènement, si ce n'est sa nouvelle servante personnelle qui lui rouvrait encore et, délicatement le cœur. Elle était proche de son père comme la terre d'Erretys et l'étoile de Néphéléys, et arborait un masque imprenable en surface, son cœur refermé comme une huître. Le piège s'était refermé avec brutalité sur elle !
La princesse qui autrefois avait un caractère rebelle et se faisait toujours défendre par son frère avait disparue ; totalement enterrée par cette nouvelle fille qui, même si elle ne le voulait, suivait les règles et faisait sans se prononcer ce que son père le roi, la cour, le conseil et tout le reste de cette société qui accompagnait son rang lui dictait. Elle se disait, elle savait que depuis la mort de son frère les dés étaient jetés.
La princesse ne pouvait plus se dérober à son destin de future reine qui, lui, dès cette situation terrible, s'était déjà, tout tracé devant elle. Cela faisait une raison en plus sous-tendant cette haine viscérale dont la maladie de son frère défunt avait planté la graine dans son cœur ; cette maladie qui avait causé la mort de ce dernier pour lui imposer le lourd fardeau qu'il portait sans rien dire...
Maintenant qu'elle subissait, elle comprenait les moments d'égarement de son frère, ses crises de colère et tout ce qu'il lui disait, lui intimant qu'un jour elle comprendrait.
Eh bien, le temps était arrivé et pour s'éviter d'autres tourment, la nouvelle héritière s'interdisait une ribambelle de choses. Le temps était venu pour elle de faire preuve de maturité et d'endosser sans se ravir la tâche qui était la sienne, et se détourner des distractions telles qu'elles soient...
Du haut de ces dix-huit ans, la princesse, nouvellement héritière s'obligeait de satisfaire les espérances de son géniteur, qui, pas le moindre du monde préoccupé par les ressentis de cette dernière ni de ce qu'elle endurait au fond d'elle, même s'il ne venait lui parler que pour lui assigner des tâches royales.
En fait, la princesse ne parlait jamais du fond de ces pensées, ne le pouvait pas ! Elle vivait une vie qu'elle n'aimait, et pendant que d'autres rêveraient d'être à sa place, elle, elle se plaignait. Elle vivait dans une prison dorée, une prison bien plus lasse et plus opulente que n'importe laquelle. Eliane voulait voyager, voir le monde. À part les élémentaires du feu, elle n'avait vu que ces elfes, qu'elle n'appréciait pour autant, avec leur expressions trop froides...
- Princesse !, la secoua doucement Alice. Le roi et la reine doivent sûrement vous attendre.
- Oui !, acquiesça cette dernière en se rendant compte de son moment d'égarement.
Son visage redevint tout froid.
Elle soupira bruyamment puis dit à sa servante personnelle :
- Je dois me préparer !
Aussitôt dit que cette dernière lui adressa un sourire communicatif.
- Je n'ai pas osé préparer de bain car vu la température qui règne, j'ai jugé préférable de vous laisser prendre une douche ou alors vous voudriez...
- Non c'est parfait ! Merci Alice, concorda l'héritière qui esquissa un sourire face à la bienveillance de sa servante personnelle.
Alice ne put s'empêcher de rougir de gêne. La princesse héritière venait de la remercier chaleureusement. Déjà qu'elle lui ne lui parlait point tel qu'on s'adressait aux servantes au palais. Elle lui accordait une position bien meilleure. Pas que cela dérange notre chère Alice, mais elle s'en inquiétait car malgré leur relation chaleureuse, elle ne pouvait se permettre d'être son amie. Il n'y avait pas d'illusions à se faire car l'autre était princesse héritière, future reine du royaume du feu et elle n'était qu'une vulgaire servante parmi les centaines qu'il y en avait au palais.
Alice, le savait très bien, elle le savait très bien qu'on pardonnait toujours tout à un ou une héritière, mais jamais rien à une servante.
Quand la princesse héritière s'en alla prendre sa douche, sa servante personnelle, elle, resta debout, de un, cherchant quelque chose à ranger mais tout était impeccable. L'ordre et la propreté régnaient partout. De deux, elle ne lui en avait pas donné l'autorisation.
Quand elle sortit de sa douche, l'héritière fronça les sourcils voyant sa servante telle qu'elle l'avait laissée alors qu'elle avait déjà environ fait dix minutes sous la douche. Cette dernière se mit alors à triturer un bout de sa robe entre ses doigts quand l'héritière l'interpella :
- Pourquoi restes-tu debout Alice ?
Cette dernière ne sut en ce moment-là quoi répondre, les yeux baissés et les yeux rivés sur le sol.
- Vous ne m'avez point autorisé...
Elle se retrouva coupée par un soupir provenant de la personne qui était en face d'elle, la princesse avait le regard dur :
- Alice, pour les fois à venir, chaque fois que tu devras m'attendre dans mes appartements, je te prie d'y prendre tes aises. Il y a largement de place pour que tu puisses dénicher un endroit ou t'assoir.
- Altesse ! Je ne puis...
- Chut !, sifflota l'héritière, esquissant un sourire distrait, puisque tu le prends comme cela, c'est un ordre ! Et je sais que cela ne t'échappera pas avec une autre personne car tu es simplement trop sérieuse... ajouta finalement la princesse.
- C'est compris votre Altesse..., acquiesça la servante en détournant le regard. L'héritière ne lui laissait pas vraiment le choix.
- Alice !, l'interpella sa princesse, je voudrais si cela est possible, que tu enlèves tes gants avec moi..., murmura-t-elle presque.
C'est là que la servante en fut totalement bouleversée. Elle ? Non elle ne pouvait pas. Cependant, elle ne pouvait asséner une telle réponse à la royale qui se faisait si cordiale avec elle. Elle se contenta alors d'hocher simplement la tête, se déplaçant jusqu'à l'héritière pour l'aider à se préparer.
Quelques instants plus tard, c'est alors vêtue d'une robe beige crème, dépassant les genoux et cachant strictement ses courbes que la princesse s'aventura dans les longs couloirs conduisant à la salle à manger royale, dépassant les gardes qui s'inclinèrent à son passage avec un visage fermé, froid et dénué d'expressions. Seuls les légers claquements de ces chaussures signalèrent son arrivée.
Ses parents y étaient déjà avec toute la famille royale. Ses cousins, sa petite sœur bien aimée, ses tantes, à vrai dire toute la famille Fierra et d'autres personnes dont elle ne se souciait pas car elle n'y trouvait aucun intérêt. Elle n'arrivait pas à passer assez de temps avec sa petite sœur qu'elle aimait beaucoup et cela lui déplaisait énormément. La pièce était réchauffée, l'air chaud qui explorait l'énorme salle lui procurait une agréable sensation chaleureuse contrairement aux gens qui y étaient.
Elle se déplaça avec grâce, tous les yeux se posèrent sur elle mais elle n'y prêta guère attention. Ses pas foulaient le sol lourdement marbré et elle s'assit à sa place habituelle, au côté droit de son père. Elle salua brièvement les souverains et détourna le regard, fixant on ne sait quel point invisible. Elle sentit le regard de sa mère l'arpenter de la tête au pied et s'attarder sur son visage un court moment mais n'y prêta pas plus attention se basant sur sa contemplation inconnue.
La pièce était vraiment très grande, inspirait beauté et élégance puis une légère odeur de fruit y flottait. Les murs richement décorés, supportaient des œuvres d'art qui exposaient le pays du feu sous plusieurs angles. L'artiste devait être très talentueux se disait à chaque fois la princesse, car il nous faisait voyager à travers une simple représentation...
Juste en admirant ces tableaux elle se voyait déjà au cœur de l'histoire qu'ils racontaient...
Dans la salle trônaient aussi deux autres tables avec autant de chaises de part et d'autre de la table principale, plusieurs autres meubles et un grand cadre de la famille royale couvert par du cristal. Une énorme commode tout au fond garnie d'une teinte de couleur or avec l'emblème de la famille royale. Il y avait aussi deux belles consoles à l'entrée avec des pots contenant de magnifiques fleurs posés dessus. Une armoire gigantesque contenant des verres faits en cristal de toutes formes et différentes boissons, liqueurs, et élixirs très rares et chères au pays.
Tout inspirait richesse ici, même les rideaux qui pendaient aux fenêtres étaient brodés de fils d'or. Les servantes pénétrèrent dans la salle l'expression énigmatique et le repas fut servi. Lassée de sa contemplation, la princesse se concentra sur son impérieux repas au doux fumet. Quand ce dernier fut entamé le silence pesant s'était installé bien vite.
Peu après la fin du repas, la princesse remonta dans sa chambre. Elle se changea et se coucha directement sur son lit les yeux ouverts et le regard lointain. Ses parents ne l'avaient jamais considérée comme son frère défunt ou sa sœur. Elle ne pouvait pas sortir et cela en devenait très agaçant. Ils avaient toujours été très stricts avec elle.
Aussi on ne lui avait jamais appris à se défendre et ses parents étaient catégoriques sur le sujet. Elle voyait parfois depuis sa fenêtre loin dans la capitale des élémentaires du feu l'utiliser dans leur vie active ou s'entraînant au combat avec. Cela était tellement émerveillant !
La princesse héritière, elle, n'avais jamais pu utiliser ses pouvoirs ! Enfin, depuis son enfance, elle était dénuée de tous pouvoirs. Elle n'avait pas de pouvoirs, elle qui était pourtant une élémentaire de feu n'avait tristement pas l'élément en elle...
Ici sur Erretys il n'y avait presque plus de communication entre les différents peuples encore sur leur garde suite aux différentes trahisons durant les derniers siècles. La princesse sombra dans les bras du sommeil sur ces dernières pensées...
Bien rapidement, son sommeil se retrouva troublé ...
Je suis encore plongé dans cette grotte dont je ne voyais jamais la sortie...
Pas de lumière, pas de fin, pas de couleur... Juste moi et le noir éternel. Je fis des pas, me rapprochant encore et encore vers ce qui me semblait être ma gauche jusqu'à heurter une paroi, raboteuse, dure et froide. Cela ne fit que confirmer mes inquiétudes... J'étais dans une grotte, et au fur et à mesure que j'avançais plus elle s'étendait sur plusieurs mètres.
Étrangement, au lieu de m'arrêter, je continuer à avancer, tâtant des doigts le mur qui continuait à s'étendre sur ma gauche. Mes jambes continuèrent à gagner du terrain sans que je n'aie à les diriger. Elles ne faisaient qu'avancer toutes seules et diriger tout mon corps vers l'inconnu.
Au fur et à mesure que j'avançai je me surpris à m'emballer dans mes bras comme pour me protéger, il faisait de plus en plus froid dans cet endroit...
Boom... Boom... Boom...
Toute la grotte obscure se mit à trembler et je tanguai perdant mon fragile équilibre. Il y avait quelque chose d'anormal ici... Les booms se firent plus fréquents... Réguliers comme des battements de cœur ?
Qui était aussi meurtri, ou simplement où étais-je ? L'incompréhension me tordit violemment les entrailles...
@Erson
Comme promis ! Une entrée en matière au royaume du feu ! Alors vous aimez ? Que pensez-vous de la princesse et est-ce que vous avez votre petite idée sur le rêve de cette dernière ? Un max de critiques ! Et le chapitre 2 est à la cuisine du coup ! À dans quelques jours pour l'avoir ! Et surtout relâcher vous sur toutes vos impressions !
Enfin, j'oubliais ! Les votes sont vraiment sympas et n'hésitez pas à vous abonner ! Et je vous laisse...
@Erson
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