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9

A la tombée de la nuit, Allera et Eniel se vêtir de leur cape, non sans oublier de rabattre le capuchon sur leur visage. Ils quittèrent l'auberge sous les regards suspicieux du tavernier. Ils avaient réglé leur ardoise le matin même et avait laissé un supplément pour la journée. La fraîcheur de la nuit et l'air extérieur firent le plus grand bien à la princesse. Elle n'avait pas vraiment apprécié de rester enfermée à longueur de journée, mais elle comprenait parfaitement qu'elle ne pouvait s'exposer. Alors maintenant, elle allait profiter de cette balade nocturne, malgré les effluves nauséabonds de certains quartiers.

Eniel la conduisit à travers les rues de la ville, faisant d'innombrables détours. Un silence pesant planait sur le duo. Aucun d'eux ne pipait mot, se faufilant tel des ombres silencieuses à travers les bâtisses dont les ouvertures étaient faiblement éclairées. Personne ne les remarqua... ou du moins, personne ne leur prêta attention, pas même les quelques gardes qui faisaient leur ronde habituelle pour s'assurer qu'aucun incident ne se produisait.

Bientôt, ils atteignirent les remparts de la ville fortifiée. Le soldat fit signe à la jeune femme de rester derrière lui et de garder le silence avant de fixer son regard au sommet des murs. La princesse remarqua alors les sentinelles postées sur celui-ci, fixant l'horizon. Les grandes portes en bois, qui séparaient la ville de toute menace extérieure, étaient maintenues ouvertes pour encore quelques minutes.

L'homme garda ses yeux fixés sur les sentinelles, tandis que la princesse surveillait les alentours. Seuls les sons des conversations dans les chaumières et le passage de quelques ivrognent sortis d'une taverne leur parvenaient.

— Nous devrons nous faufiler au moment juste avant que les portes ne se ferment, chuchota Eniel à l'oreille de son amie. C'est le moment où ils sont le moins vigilants. Les imbéciles !

Allera ne connaissait que les bases du métier de soldat et la surveillance accrue lors des moments propices à une intrusion en était une, même si cela faisait deux-cents ans qu'aucune guerre n'avait eu lieu. La jeune femme avait moins de mal à comprendre pourquoi les tentatives d'assassinat à l'encontre de la famille royale était si fréquentes. Est-ce qu'au moins la surveillance était maintenue une fois les portes closes ?

"Je suppose que je le saurais rapidement."

Le cours de ses pensées fut interrompu par des ordres hurler et le lourd grincement qui suivit. C'était le moment.

Eniel se faufila, entraînant Allera avec lui. Ils n'étaient qu'à quelques mètres, mais la jeune femme doutait de leur réussite. Les deux battants semblaient se fermer à une vitesse impossible avec leur poids. La princesse sentait son cœur tambouriner jusque dans ses oreilles et ne discernait rien d'autre. Elle avait l'impression que ses pas résonnaient jusque dans les quartiers alentours et qu'ils ne tarderaient pas à être arrêter. Un claquement eu lieu derrière elle. Ils avaient réussi.

Allera n'eut pas le temps de regarder par-dessus son épaule. Eniel la tirait déjà vers les remparts sud et la forêt qui le longeait. Dans la pénombre, elle avait du mal à distinguer ce qui se trouvait devant eux et la lueur des flambeaux ne parvenait pas jusqu'à eux et la lune n'en était qu'à son premier croissant. Elle fit donc confiance à son ami et cala son pas sur celui du soldat. Ils marchèrent de longues minutes avant d'atteindre les premiers arbres. A mesure qu'ils pénétraient dans la forêt, la jeune femme senti la tension s'emparer de son ami. Il était sur ses gardes et prêtait attention au moindre son qui s'élevait autour d'eux. Instinctivement, Allera fit de même, mais n'ayant pas reçu le même entraînement, elle ne pouvait distinguer que la brise dans les feuillages, encore dense malgré la période de l'année.

Les branches craquaient sous leurs pieds. La princesse manqua de trébucher à de nombreuses reprises et ses chevilles commençait à la faire souffrir. En cause, les trous laissés par les animaux. Ils s'arrêtèrent juste avant d'atteindre une petite clairière.

— Crois-tu réellement qu'ils vont venir ?

Eniel ne répondit pas. Pour être honnête, il ne savait pas, Peut-être n'avaient-ils pas vu son message... ou peut-être le prendraient-ils pour une mauvaise farce. Les possibilités sur l'issue de la soirée étaient multiples.

Le silence régna autour d'eux, oppressant à mesure que le temps s'écoulait. Les deux amis s'étaient adossés contre un arbre centenaire et Eniel fixait la progression du croissant dans le ciel. Au bout de ce qui leur sembla être une éternité, des sons ne provenant pas d'un animal parvinrent à leurs oreilles. Le soldat les entendit avant Allera et se redressa brusquement, sur ses gardes. La jeune femme l'imita et tous deux avancèrent prudemment jusqu'à la limite de la clairière où ils patientèrent. Après quelques secondes, une silhouette sortie d'entre les arbres plusieurs mètres sur leur gauche. Un homme de grande taille, à a musculature puissante – en tout cas c'était ce que la princesse pouvait distinguer dans la pénombre.

— Au nom du roi Rimen, tonna-t-il d'une voix grave et forte. Je vous somme de vous faire connaître !

Eniel fit signe à Allera de rester cachée et s'avança avec lenteur dans la clairière. L'inconnu se tourna vers lui, une main posée sur la garde de l'épée qu'il portait à la ceinture, près à dégainer. Le morickois leva lentement les mains pour montrer qu'il ne représentait pas de menace. Les deux hommes s'étudiaient attentivement, évaluant aux gestes et physique de l'autre de quoi il serait capable.

— Vous avez reçu mon message ? entama Eniel d'une voix posée.

L'homme cracha quelques mots dans sa langue et Allera distingua un ordre.

— Déclinez votre identité !

L'homme s'exécuta dans un nemerais imparfait, mais compréhensible, avant de faire signe en direction de la jeune femme. C'était le signal. La princesse s'avança lentement et retira la capuche qui lui couvrait encore le visage. Le soldat nemerais, dégaina sa lame, pensant probablement à une menace. Allera imita son ami en montrant ses mains, vides.

— Voici la princesse Allera Midwain, sœur du roi Orin de Moriack ! Et nous venons humblement vous demander votre aide.

Le soldat devant eux ne dit rien, son regard acéré allait de l'un à l'autre. Puis, sans dire un mot, il abaissa son épée, un sourire mauvais éclairant son visage, avant de lever la main bien haut et de faire un geste du poignet. Aussitôt, le son des branches craquant sous un poids s'éleva de tous les côtés. Cinq hommes sortirent de derrières les arbres, dégainant leurs épées pour les pointer vers les deux étrangers.

Eniel n'eut pas le temps de tirer la sienne, ils étaient déjà encerclés.

— Savez-vous qu'usurper l'identité d'un noble est passible de la peine de mort ? interrogea narquoisement leur interlocuteur.

— Nous accuseriez-vous d'être des imposteurs ?

Le ton défiant de la princesse et son fort accent étranger eurent presque raison de l'homme qui leur faisait face. Le temps d'un instant, le doute brilla dans ses yeux. Alors il étudia un peu plus leur apparence. Il passa en revue leurs vêtements. Sales, mais paraissant d'assez bonne qualité.

Les cheveux bruns emmêlés de la jeune femme en disaient long sur sa provenance... de même que ça mèche blanche et ses yeux semblant plus claires que la plupart des habitants de son royaume. Les muscles de l'homme qui l'accompagnait pouvait parfaitement provenir d'un dur labeur dans les champs, mais où aurait-il pu se procurer l'épée sur laquelle il posait une main méfiante ?

— Nous tirerons cela au clair quand le jour sera levé. Emmenez-les !

Les voyageurs furent poussés du bout des lames nemeraises à travers la forêt. Ils furent conduits jusqu'à un petit bosquet dissimulant une porte dans les remparts, près d'un petit ruisseau qui traversait celui-ci grâce à une petite ouverture dans la roche. Une fois dans l'enceinte du château, les soldats les emmenèrent vers un bâtiment à l'écart du reste de l'édifice et qui ressemblait à une caserne, lieu occupé par les chevaliers lorsqu'ils n'étaient pas envoyés en vadrouille.

Bien vite, les deux amis se rendirent compte de l'endroit où ils étaient conduits.

— Vous regretterez votre geste, cracha Allera sans plus de résistance.

Le regard dédaigneux du soldat prouva qu'il ne la prenait pas au sérieux.

— J'exige de parler à votre souverain ! clama-t-elle en lui faisant face.

Deux hommes se rapprochèrent en pointant leur lame vers le coup de la jeune femme, l'homme les arrêta d'un signe de tête avant d'adresser enfin la parole à la princesse.

— Ne vous inquiétez pas, ricana-t-il, ses yeux de glaces faiblement éclairés par la lueur des flambeaux de chaque côté des portes. Vous aurez à faire à lui bien assez tôt.

Sans plus de discussion, il les laissa se faire emmener par ses compagnons.

— Gardez-les à l'œil et rapportez-moi leurs moindres faits et gestes ! ordonna-t-il à un soldat manifestement plus âgé que lui.

— A vos ordres !

Le superviseur tourna les talons et parti en direction du palais, sans accorder le moindre regard aux prisonniers qui furent pousser sans ménagement dans une geôle.

— Vous serez entendu demain par les Hauts-conseillers de Sa Majesté et Son Altesse le prince, déclara le soldat quinquagénaire. Vous avez toute la nuit pour préparer votre plaidoirie.

Et il les laissa là, après les avoir fouillés et dépossédés de tous les objets pouvant servir d'armes, refermant la grille derrière lui dans un grincement sonore et désagréable. Il résonnait encore dans les oreilles de Allera lorsque la clé tourna dans la serrure. Les deux amis furent abandonnés à leur sort, sans eau ni nourriture. Heureusement, ils avaient mangé avant de rejoindre la forêt. Et ils ne seraient dans cet endroit réservé aux délinquants et criminels que pour une seule nuit... ce qui était déjà trop.

La princesse pouvait accepter de dormir dans les couchages inconfortables des soldats ou sur le sol dur de la forêt, à la merci des éléments. Elle pouvait accepter d'être considérée comme une paysanne en voyage, mais certainement pas comme une criminelle. Et elle comptait bien le faire savoir dès qu'ils seraient sortis de cet endroit.

— Je suis désolé, Ara, s'excusa Eniel dépité.

Il s'était assis sur le sol et terre battue, à peine recouvert de paille pour éviter aux prisonniers de dormir à même le sol glacé. Il se prit la tête entre les mains, peu fier d'avoir conduit son amie dans cette situation.

La princesse s'approcha de lui et s'agenouilla pour être à sa hauteur. Elle prit sa tête entre ses mains délicates et fraîches pour le forcer à plonger ses yeux ambrés dans les siens.

— Tu n'es pas responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons, affirma-t-elle.

— Peut-être, mais mon rôle est de te protéger... et j'ai échoué !

Le désespoir qu'elle lut dans les yeux de son ami brisa le cœur de la jeune femme. Elle n'insista pas. Elle voulait lui donner tort, mais elle le connaissait assez le chevalier pour savoir qu'il resterait campé sur ses positions. Ce qu'il pouvait être borné !

— Ils ont le rouleau, indiqua-t-elle d'une voix neutre. S'ils sont intelligents, nous ne serons pas traités comme des parias bien longtemps.

En effet, ils ne leur avaient laissé que leurs capes pour se maintenir au chaud pendant la longue nuit qui les attendait. Le soldat étala sa cape sur le sol et invita la princesse à s'y allonger.

— Dors, je vais veiller cette nuit.

— Tu as besoin de repos aussi, Eniel ! Et que peut-il nous arriver ? Nous sommes au château de Nemor, enfermés !

Un sourire amusé apparu sur les fines lèvres de l'homme. Elle avait réussi à le détendre un petit peu. Il était vrai qu'ils ne pouvaient rien leur arriver de pire pendant la nuit. Toutefois, son entrainement et son devoir le poussaient à rester constamment sur ses gardes. Il s'adossa contre les barreaux de leur cellule et croisa les bras sur sa poitrine, faisant ressortir leurs muscles.

— Dors !

— Depuis quand c'est toi qui donne les ordres ? s'amusa la jeune femme.

Le soldat ne répondit rien et ferma les yeux. Allera fini par s'allonger sur la cape de son ami et fit de même. Ce fut la pire nuit de sa vie.

*

* *

Le soleil était à peine levé lorsque les Hauts-conseillers entrèrent dans la salle s'audience. Ce jour-là, ils n'accueillaient pas la populace pour recevoir leurs doléances. Non, c'était le jour dédié aux sentences. Chaque prisonnier enfermé dans les geôles de la caserne passait devant les dignitaires du royaume pour être entendu et jugés selon leurs actes.

Ils étaient huit à attendre dans le hall, fer aux poignets et aux chevilles. Sept hommes, une seule femme. Ils étaient accusés tantôt de petits larcins, comme du vol à l'étalage sur le marché, ou de crimes plus graves comme le meurtre d'un voisin ou voyageur.

Les trois hommes d'âge mûr discutaient de chacun d'entre eux, déterminant leur ordre de passage et examinant brièvement les notes et accusations prises au moment de leur capture, lorsque la porte du fond s'ouvrit, laissant un homme dans la trentaine, aux yeux d'acier et à la chevelure sombre apparaître, un bandeau de métal doré ornant son front.

Le prince Dannys salua ses aîné et prit place dans le fauteuil qui lui était attribué, derrière une grande table, au milieu des autres.

— Commençons !

Les audiences s'enchaînèrent et les sentences tombèrent en quelques heures, il y eut deux accusés de vol relâchés avec l'obligation de dédommager les victimes de leurs larcins et une proposition de travail pour que cela n'arrive plus. L'homme ayant assassiné son voisin fut entendu et jugé à la hauteur de son crime. Il ne sera pas exécuté, mais marqué au fer et tout le monde saura ce qu'il avait fait dans le royaume. L'homme remercia gracieusement la clémence de Sa Majesté avant d'être emmené subir sa punition.

Les trois hommes restants furent jugés en même temps. Ils faisaient tous trois partis d'une organisation plus large qui terrorisait les voyageurs au sein du royaume. Ils détroussaient les caravanes et ne laissaient généralement aucun témoin. Malheureusement pour eux, pendant l'une de leurs tentatives, un enfant avait réussi à se faufiler jusqu'au village le plus proche pour demander de l'aide.

Il avait fallu plusieurs mois aux soldats pour enquêter sur cette histoire sordide et espérer tomber sur eux au détour d'un chemin. Finalement, ils avaient mit en scène un voyage avec des femmes et des enfants pour paraître plus vulnérables. Les armes cachées dans les chariots. Ils avaient attrapé ces trois-là.

Un marché leur fut proposé en échange d'une peine allégée. Donner le nom du chef de l'organisation et de ses autres membres. Les Hauts-conseillers en recensèrent une dizaine avant de les renvoyer dans leurs cellules jusqu'à la décision finale.

— Envoyez immédiatement des hommes à la recherche de ces mécréants ! ordonna Dannys d'une voix forte.

Le Seigneur Valos, plus jeune des trois hommes, s'inclina et se précipita vers les grandes portes pour transmettre la liste ratifiée et les ordres de Son Altesse à un garde qui irait le remettre aux lieutenants de l'armée.

— Passons au suivant, poursuivi Dannys quand il revint à sa place.

Les ainés cherchèrent dans les dizaines de parchemins qui trainaient devant eux. Le Seigneur Vor trouva celui qu'ils cherchaient et le tandis à son prince.

— Il s'agit du couple se faisant passer pour la princesse Allera Midwain, du royaume de Moriack et un soldat l'accompagnant.

Un sourire mauvais apparu sur les lèvres de l'héritier.

— Voyons comment ils vont pouvoir se défendre. 

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